L'Heure d'été (France, 2007) d'Olivier Assayas : Cette cinétique de l'art, où les feuillets d'un cahier de croquis
risquent d'être dispersés à travers le monde, nous rappelle la
circulation du cinéma. (...) Parler de cinématographie avec tant de subtilité, dans un cinéma
français qui, à trop être produit par la télévision, fait plus du
téléfilm que du cinéma que d'art, est un exploit dont il faut saluer
Assays et le musé d'Orsay.
The Barefoot contessa / La comtesse aux pieds nus (USA, 1954) de Joseph L. Mankiewicz : La narration, empruntée par Joseph L. Mankiewicz à son propre
frère, Hermann, pour son scénario de «Citzien Kane», opère sur l’image
de Maria un changement de focale, une multiplicité de point de vue.
Pour chaque point de vue, le monde est vu différemment. Dans cette
fluctuation des percepts, Maria Vargas demeure immuable,
imperturbablement douce et naïve. Le monde du cinéma, par lequel tout
commence, mène l’actrice sincère à une mort inéluctable. Hollywood, que
maudissait Mankiewicz, est la machine de la corruption.
The Quiet Man / L'Homme tranquille (USA, 1952) de John Ford : The Quiet Man a de génial qu’il unit élégamment la comédie que
Ford se plaisait à exercer et la mélancolie qui le caractérise tant.
Capitaine Achab (France, 2007) de Philippe Ramos : La narration continuelle, qui pallie les creux sonores, rend
quasi-inexistants les temps morts. Il n’y a pas l’once d’un ennui
cherché, le mouvement du film, sa peur de la stagnation, engendre un
curieux sentiment d’avancée perpétuelle, d’une odyssée. Cette odyssée
s’ajuste de demi-teinte dans ses tons, de claire/obscure ambiguë, nous
immiscent par ce biais dans le secret d’Achab.Stage Fright / Le Grand alibi (USA, 1950) d'Alfred Hitchcock : L’introduction est classique mais on est bien dans un film d’Hitchcock. C’est la marque d’un grand cinéaste que de nous immiscer dans son art dès les premiers plans. Stage Fright n’est pas une œuvre commune d’Hitchcock. Outre le surprenant retournement final qui dévoile toute la facticité de l’aventure, c’est dans la double image de la féminité (objet de fascination du cinéaste) que le film entreprend sa singularité.
The ghost and Mrs Muir / L'Aventure de Mme. Muir (USA, 1948) de Joseph L. Mankiewicz : Tout le film enclos la féminité de l’héroïne, la faisant tantôt
passer pour une écrivaine au ton masculin, tantôt pour une vieille
fille au charme dévolu. La solitude d’une femme et l’emprisonnement de
son charme est ce que la censure du «code Hayes» tend à produire et
contre laquelle se débat le cinéma de Mankiewicz.
La Bête humaine (France, 1938) de Jean Renoir : Chacun ici est une bête sauvage incapable de vivre indépendant.
L’industrialisation est la cause de ces maux. Renoir ploie les codes du
réalisme poétique, ses brumes aveuglantes, pour les mettre au profit
d’un monde qui s’évapore, d’une liberté d’existence qui se dilue au
profit de la machine.Suddenly, last summer / Soudain, l'été dernier (USA, 1959) de Joseph L. Mankiewicz : Les cris de Taylor sont les alarmes glaçantes qui tétanisent le spectateur. Cette tétanie renvoie directement à son époque. Le film date de la fin des années 50, années durant lesquelles le cinéma se voit bouleversé par un fait avéré au monde : les camps de concentration. Le traumatisme de Taylor ne semble être autre que celui du monde.
No country for old men / No country for old men - Non, ce pays c'est pas pour le vieil homme (USA, 2007) de Joel et Ethan Coen : A l'aube d'un certain cinéma américain, les frères Joel et Ethan
Coen plongent leur art dans le crépuscule pour réaliser No country for
old men. Aux éclairages flamboyants qui se diluent dans la
scène du cimetière de She wore a yellow ribbon de John
Ford, les Coen donnent l'échos d'un paysage désertique, moribond sur
lequel se couche un soleil aux teintes diaprés.Nouveauté du mois : LE PIRE FILM DE MARS :
Wee Willie Winky / La Mascotte du régiment (USA, 1937) de John Ford : C’est bien la faute du film, de préférer exploiter la drôlesse marketing de ses acteurs plutôt que la singularité du terrain, l’Inde, dans le cadre de l’œuvre fordienne. Et l’inertie du film ne cesse pas là, elle poursuit sa sclérose dans le manichéisme colonialiste. Les indiens sont soumis aux rangs de colonisés, de serviteurs ou de terroristes tandis que les britanniques occupent tout l’intérêt. S’indigner du pro-colonialisme de l’œuvre revient à omettre la pensée générale de l’Occident. Mais l’utilisation qui est faite de Temple n’a pas d’excuse, l’enfant réconcilie in fine les colons et les colonisés, son personnage attendrissant s’avérant l’horrible objet d’une réconciliation qui cache, l’Histoire le prouvera, la souffrance d’un peuple.
A bientôt pour le mois d'avril dans lequel j'ai eu la chance de voir, le plus grand film que le XXIème ait réalisé à cette heure...
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d'Abdellatif KECHICHE : "La séquence finale, paroxysme du Beau spontané, dévoile cette triste loi de la vie : la vieillesse est là pour léguer un monde à la jeunesse."
d'
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de Gus VAN SANT : "Le Joseph K. de Kafka devient un ange déchu dont la chute prend des allures somptueuses. Les plus belles des images sont celles de la douche où, se rinçant de son péché, Alex sombre dans les ténèbres à mesure que la lumière de Christopher Doyle couvre son corps dans un noir sans issu."
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