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Conseil des 10 MARS
Quelques jours/mois de retard encore, c'est le décalage qu'impose le cinéma. Voici donc, enfin, le Conseil des 10 de MARS 2008 :


Chefs-d'oeuvres

Jérémie Renier, Juliette Binoche et Charles Berling. MK2 Diffusion L'Heure d'été (France, 2007) d'Olivier Assayas : Cette cinétique de l'art, où les feuillets d'un cahier de croquis risquent d'être dispersés à travers le monde, nous rappelle la circulation du cinéma. (...) Parler de cinématographie avec tant de subtilité, dans un cinéma français qui, à trop être produit par la télévision, fait plus du téléfilm que du cinéma que d'art, est un exploit dont il faut saluer Assays et le musé d'Orsay.

The Barefoot contessa / La comtesse aux pieds nus (USA, 1954) de Joseph L. Mankiewicz : La narration, empruntée par Joseph L. Mankiewicz à son propre frère, Hermann, pour son scénario de «Citzien Kane», opère sur l’image de Maria un changement de focale, une multiplicité de point de vue. Pour chaque point de vue, le monde est vu différemment. Dans cette fluctuation des percepts, Maria Vargas demeure immuable, imperturbablement douce et naïve. Le monde du cinéma, par lequel tout commence, mène l’actrice sincère à une mort inéluctable. Hollywood, que maudissait Mankiewicz, est la machine de la corruption.

A voir absolument

Pilgrimage (USA, 1933) de John Ford : Le cinéaste encore relativement peu expérimenté, en vue des grands chefs-d’œuvre qu’il accomplira, emprunte tantôt à Griffith son art de la narration mélodramatique tantôt à Murnau sa maestria dans la composition de l’image. La rencontre de ces deux immenses cinéastes donnent au film les plus beaux gros-plans que Ford n’ait jamais réalisé.

The Quiet Man / L'Homme tranquille (USA, 1952) de John Ford : The Quiet Man a de génial qu’il unit élégamment la comédie que Ford se plaisait à exercer et la mélancolie qui le caractérise tant.

Denis Lavant. Sésame Films Capitaine Achab (France, 2007) de Philippe Ramos : La narration continuelle, qui pallie les creux sonores, rend quasi-inexistants les temps morts. Il n’y a pas l’once d’un ennui cherché, le mouvement du film, sa peur de la stagnation, engendre un curieux sentiment d’avancée perpétuelle, d’une odyssée. Cette odyssée s’ajuste de demi-teinte dans ses tons, de claire/obscure ambiguë, nous immiscent par ce biais dans le secret d’Achab.

Stage Fright / Le Grand alibi (USA, 1950) d'Alfred Hitchcock : L’introduction est classique mais on est bien dans un film d’Hitchcock. C’est la marque d’un grand cinéaste que de nous immiscer dans son art dès les premiers plans. Stage Fright n’est pas une œuvre commune d’Hitchcock. Outre le surprenant retournement final qui dévoile toute la facticité de l’aventure, c’est dans la double image de la féminité (objet de fascination du cinéaste) que le film entreprend sa singularité.

The ghost and Mrs Muir / L'Aventure de Mme. Muir (USA, 1948) de Joseph L. Mankiewicz : Tout le film enclos la féminité de l’héroïne, la faisant tantôt passer pour une écrivaine au ton masculin, tantôt pour une vieille fille au charme dévolu. La solitude d’une femme et l’emprisonnement de son charme est ce que la censure du «code Hayes» tend à produire et contre laquelle se débat le cinéma de Mankiewicz.

La Bête humaine (France, 1938) de Jean Renoir : Chacun ici est une bête sauvage incapable de vivre indépendant. L’industrialisation est la cause de ces maux. Renoir ploie les codes du réalisme poétique, ses brumes aveuglantes, pour les mettre au profit d’un monde qui s’évapore, d’une liberté d’existence qui se dilue au profit de la machine.

Suddenly, last summer / Soudain, l'été dernier (USA, 1959) de Joseph L. Mankiewicz : Les cris de Taylor sont les alarmes glaçantes qui tétanisent le spectateur. Cette tétanie renvoie directement à son époque. Le film date de la fin des années 50, années durant lesquelles le cinéma se voit bouleversé par un fait avéré au monde : les camps de concentration. Le traumatisme de Taylor ne semble être autre que celui du monde.

No country for old men / No country for old men - Non, ce pays c'est pas pour le vieil homme (USA, 2007) de Joel et Ethan Coen : A l'aube d'un certain cinéma américain, les frères Joel et Ethan Coen plongent leur art dans le crépuscule pour réaliser No country for old men. Aux éclairages flamboyants qui se diluent dans la scène du cimetière de She wore a yellow ribbon de John Ford, les Coen donnent l'échos d'un paysage désertique, moribond sur lequel se couche un soleil aux teintes diaprés.

Nouveauté du mois : LE PIRE FILM DE MARS :

Wee Willie Winky
/ La Mascotte du régiment (USA, 1937) de John Ford : C’est bien la faute du film, de préférer exploiter la drôlesse marketing de ses acteurs plutôt que la singularité du terrain, l’Inde, dans le cadre de l’œuvre fordienne. Et l’inertie du film ne cesse pas là, elle poursuit sa sclérose dans le manichéisme colonialiste. Les indiens sont soumis aux rangs de colonisés, de serviteurs ou de terroristes tandis que les britanniques occupent tout l’intérêt. S’indigner du pro-colonialisme de l’œuvre revient à omettre la pensée générale de l’Occident. Mais l’utilisation qui est faite de Temple n’a pas d’excuse, l’enfant réconcilie in fine les colons et les colonisés, son personnage attendrissant s’avérant l’horrible objet d’une réconciliation qui cache, l’Histoire le prouvera, la souffrance d’un peuple.

A bientôt pour le mois d'avril dans lequel j'ai eu la chance de voir, le plus grand film que le XXIème ait réalisé à cette heure...


 
Conseil des 10 FEVRIER

Avec un bon mois de retard, voici les dix meilleurs films que j'ai eu la chance de découvrir ou redécouvrie en FEVRIER 2008 :

Chef d'oeuvre :

20th Century Fox Barton Fink (USA, 1991) de Joel et Ethan Coen : Les Coen atteignent dans ce film le paroxysme de leur esthétique. Même encore No country for old men n’a pas atteint une telle beauté du mouvement.

A voir absolument :

Muriel ou le temps d'un retour (France, 1963) d'Alain Resnais : On peut y discerner une influence renoirienne dans la dénonciation du théâtre de la bourgeoisie aveugle. La mise en situation des repas dans une salle à manger encadrée de rideaux finit de bâtir la cécité de la bourgeoisie sur la guerre d’Algérie.

John Wayne et John Agar. Collection Christophe L. She wore a yellow ribbon / La Charge héroïque (USA, 1950) de John Ford : She wore a yellow ribbon, derrière ses attributs fordiens, déploie le crépuscule enfouis jusqu’ici dans l’œuvre du cinéaste.

L'amour à mort (France, 1984) : Autre que la mort, il y a l’amour dans ce film. Et cette terrible accointance qu’elle lit avec la mort en fait une émotion passionnelle. Cette passion est réfléchie, discutée, vécue et subie, tout cela dans des intervalles, dans des seynettes entrecoupées par ces cartons mystérieux.

Les Films du Losange Festen (Danemark, 1998) de Thomas Vinterberg : Dans ce «théâtre de l’absurde et de l’horreur», Vinterberg filme l’intrigue en suivant la charte du Dogme. Les plans sont pour la plupart si dénué d’artifices qu’il nous semble assister à une vidéo de famille. La caméra s’insère au cœur même des évènements. Vinterberg ne nous considère pas comme spectateur du séjour mais tend à nous en rendre acteur.

Paths of glory / Les Sentiers de la gloire (USA, 19) de Stanley Kubrick : Dans Dr. Strangelove, Kubrick fait de la guerre froide une bouffonnerie pathétique, dans Full Metal Jacket, il en fait une absurdité nihiliste. Dans Paths of glory, il s’agit d’une farce dramatique.

Tony Leung Chiu Wai et Tang Wei. Focus Features Se, jie / Lust, caution (Chine, 2008) d'Ang Lee : Les entrelacements érotiques traduisent la communion des deux, la réunification d’une Chine arrachée par le Japon. Mais l’union n’est toujours qu’un prétexte, elle est une règle à part entière de l’espionnage menée par Wong. La tension de chaque instant rend le jeu de l’infiltration plus palpable au fil du film.

 

André Dussollier et Laura Morante. Mars Distribution Coeurs (France, 2006) d'Alain Resnais : Plutôt que d’aborder une intrigue amoureuse, à l’instar de la pièce de théâtre, Resnais réalise son film en centrant ses formes sur la duplicité motrice des âmes. Le génie de Resnais, celui de moduler son langage formel au profit du récit, franchis là un sommet que seules quelques une de ses œuvres avaient atteint.

Carlotta Films Chichi ariki / Il était un père (Japon, 1942) de Yasujirô Ozu : La mort du père, hormis par ses atouts émotifs, s’aborde comme la victoire du temps sur les rapports familiaux. En ceci, Chichi ariki rejoint le magnifique Tokyô monogatari, par cette puissance hégémonique du temps sur le quotidien.

KMBO La Antena / Telepolis (Argentine, 2008) d'Esteban Sapir : Les effets naïfs contiennent la mélancolie d’un cinéma révolu et insuffle au film tout son charme poétique.

 
Conseil des 10 JANVIER

Les dix meilleurs films qui ont entamé mon année 2008 sont réunis dans cet article. La nouvelle année permet de poser la question de l'utilité d'un tel type d'articles, hormis le récapitulatif qu'il est pour moi-même.
La volonté première de cette notule est de vous proposer dix films à voir indispensablement dans le mois. C'est un conseil modeste de cinéphile à cinéphile. Ce genre d'articles, à l'heure des données mutliples de l'internet, nécessite d'être modeste, étant donné le peu d'impact qu'il peut avoir.
En définitive, cet article me concerne plus qu'il ne vous concerne, et si vous vous sentez concerné, merci de me le faire savoir.

Chef-d'oeuvres :

MK2 Diffusion Paranoid Park (USA, 2007) de Gus Van Sant avec Gabriel Nevins, Jake Miller, Daniel Liu, etc... : "Derrière l’esthétique de scopitone que s’accaparent à nouveau Gus Van Sant, Paranoid Park pétrifie l’adolescence pour en sourdre sa douce insolence et l’essence du geste créatif."

 Fargo (USA, 1996) des frères Coen avec William H. Macy, Frances McDormand, Steve Buscemi, etc... : "Si Fargo est une très grande réussite cinématographique, ce n’est pas uniquement parce qu’il fait montre de noirceur comme nul autre mais parce que les moyens du cinéma s’accordent pertinemment avec ce qu’il illustre : les images étant le monde, le son l’essence pessimiste."

  L'Atalante (France, 1934) de Jean Vigo avec Dita Parlo, Jean Dasté, Michel Simon, etc... : "C’est le conte d’une villageoise qui s’introduit dans la marge et qui rêve de centre, de la ville. (...) Comme une pensée anarchiste, qui concéderait à ne donner aucune importance aux choses, Vigo privilégie les passions humaines."

A voir absolument :

 Mélo (France, 1986) d'Alain Resnais avec Sabine Azéma, Pierre Arditi, André Dussollier, etc... : "Alain Resnais avec Mélo offre, ainsi que le laisse présumer le titre, le parangon du mélodrame (...) Le mensonge est la force atroce qui déchire l’intrigue. L’idée de ce mensonge dans le mélodrame appartient à Bernstein, mais c’est bien Resnais qui a su l’accorder au cinéma, relatant le mensonge par l’art suprême de l’artifice."

Johnny Depp et Helena Bonham Carter. Warner Bros. France Sweeney Todd, the Demon Barber of Fleet Street / Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street (USA, 2008) de Tim Burton avec Johnny Depp, Helena Bonham Carter, Alan Rickman, etc... : "Les trois imaginaires de Burton, dont les conflits nécessitaient l’accaparation pour chacun d’un film entier, trouvent enfin leurs terrains d’entente. (...) Burton dissémine les clés de son art dans cette merveille poétique où le sang prend, à la fin, la merveilleuse densité lyrique de larmes."

Brian Cox. Warner Bros. France Zodiac (USA, 2007) de David Fincher avec Jake Gyllenhaal, Mark Ruffalo, Anthony Edwards, etc.. : "Le slasher, avec Zodiac n’a jamais été aussi ad hoc au monde."

Anamaria Marinca. Bac Films 4 luni, 3 saptamini si 2 zile / 4 mois, 3 semaines, 2 jours (Roumaine, 2007) de Cristian Mungiu avec Anamaria Marinca, Laura Vasiliu, Vlad Ivanov, etc... : "Mungiu, par le biais de cette œuvre, offre un relais au monde, aidé d’une Palme, sur l’état de la Roumanie. Et bien qu’il y ait peu d’espoir, comme le laisse à penser le fœtus inerte ensanglanté, le sacrifice d’Otilia rêve à la solidarité d’une démocratie juste."

 La vie est un roman (France, 1983) d'Alain Resnais avec Sabine Azéma, Pierre Arditi, Fanny Ardant, etc... : "L’imaginaire est là toute puissante et substitue au monde une création fantasque. Napoléon l’a dit mais Resnais semble le dire avec plus de justesse : la vie est un roman, une fable envoûtante."

 North by NorthwestLa mort aux trousses (USA, 1959) d'Alfred Hitchcock avec Cary Grant, Eva Marie Saint, James Mason, etc... : "Ce n’est ni dans l’humour, ni même dans le traitement narratif qu’il faut voir la grande réussite du film, ce n’est pas totalement par Hitchcock que l’œuvre s’accomplit. Bernard Hermann et sa composition ordonnent la maîtrise du spectateur par les sons. Ôtez le son et les images délaissent de leur charme angoissant."

 En rachâchant (France, 1976) de Jean-Marie Straub et Danièle Huillet avec Henri Alekan, Ariane Damain, Dominique Gentil , etc... : "Le fantasme revêt l’image du cinéma, d’une idée précise du cinéma. La valeur militante qui caractérise le cinéma des Straub métamorphose la nouvelle de Duras en un désir, celui d’une prise de pouvoir facile des petits sur les grands."

Voici pour ce qui fût de janvier. Encore desolé pour le retard et bon cinéma à vous !



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Conseil des 10 DECEMBRE

Sans préambule ni anti-chambre, entrons directement dans les deux classement de ce-dernier mois de 2007 composés, pour l'un, des meilleurs films vus durant le mois de Décembre 2007 et, pour l'autre, des meilleurs films sortis en circuit commercial durant l'année 2007.

Voici le Conseil des 10 films à voir de DECEMBRE :

Chef d'oeuvres :

http://media.monstersandcritics.com/articles/1174030/article_images/stributetocarey.jpg The Searchers / La Prisonnière du désert (USA, 1956) de John Ford avec John Wayne, Natalie Wood, Jeffrey Hunter... : "Grande épopée chevaleresque, The Searchers, sans conteste un des plus beaux films de Ford, fournit la base de la violence du cinéma américain contemporain mais aussi élève le western au rang de genre épique suprême."


My Darling Clementine / La Poursuite infernale (USA, 1946) de John Ford avec Henry Fonda, Linda Darnell, Victor Mature... : "Evoluant sur un silence épais, sur une accalmie prête à exploser, John Ford attribue au film une de ses valeurs mythiques que seuls possèdent quelques unes de ses grandes œuvres comme The Man who shot Liberty Valance."

Yôkihi / L'impératrice Yang Kei Fei (Japon, 1955) de Kenji Mizoguchi avec Masayuki Mori, Machiko Kyô, So Yamamura... : "De ce bref portrait du Féminin, c’est la scène de mise à mort de Yang Kei-Fei qui captive. Par l’unique glissé d’une robe dans le coin d’un plan, c’est le sublime qui prend forme, c’est les femmes toutes entières qui se sacrifient pour leur souvenir glorieux."

A voir absolument :

L'image “http://www.ledoux.be/photocours/2007-2008/Donne-moi%20tes%20yeux%20(Guitry).jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs. Donne-moi tes yeux (France, 1943) de Sacha Guitry avec Sacha Guitry, Genevieve Guitry, Frederic Duval... : "Ce charme innocent est ici approfondi par une gravité de propos et un découpage technique qui ancre enfin l’art Guitry dans l’art du cinéma et le cinéma dans l’art de Guitry."


Dans Paris (France, 2006) de Christophe Honoré avec Louis Garrel, Romain Duris, Guy Marchand... : "Les métamorphoses qui régissent le film trouvent leur paroxysme dans le son et la musique. Car plus que les jeux de cinéma impliqués par un montage elliptique, c’est le son et sa dynamique qui swingue le film."

Young and Innocent / Jeune et innocent (Royaume-Unis, 1937) d'Alfred Hitchcock avec Derrick de Marney, Nova Pilbeam, Percy Marmont... : "La culpabilité toute kafkaïenne qui régit le personnage masculin trouve son application dans la mise en forme du film, de telle façon que Young and Innocent sous les aspects d’un film britannique mineur contient les prémisses du grand Hitchcock américain."

Entr'acte (France, 1924) de René Clair avec Marcel Duchamp, Man Ray, Erik Satie... : "La construction du temps se fait sur le mode de la danse, par déplacement spatiale régis par les procédés cinématographiques."

Anna Karenine / Anna Karenina (Rouayme-Unis, 1948) de Julien Duvivier avec Vivien Leigh, Ralph Richardson, Kieron Moore... : "Sa portée provient de sa mise en scène et de son auguste faculté à traduire une œuvre littéraire par l’usage d’une syntaxe nouvelle."

A voir :

The Alphabet (USA, 1968) de David Lynch avec Peggy Lynch : "Pour ce court-métrage, la plastique lynchéenne demeure rudimentaire mais comporte déjà ses structures élémentaires."

The Man who knew too much / L'homme qui en savait trop (Royaume-Unis, 1934) d'Alfred Hitchcock avec Peter Lorre, Leslie Banks, Pierre Fresnay... : "D’une relative courte durée, The Man who knew too much porte des airs de faits-divers incroyables mais en ressort titubant entre la simple pirouette de suspense et des séquences impérissables."

TOP 10 de 2007 des films sortis en circuit commercial :

1) de David LYNCH : "Expérience esthétique à l'état pur. La plastique et le mouvement du film tendent à réinventer une nouvelle grammaire du cinéma."

2)  d'Abdellatif KECHICHE  : "La séquence finale, paroxysme du Beau spontané, dévoile cette triste loi de la vie : la vieillesse est là pour léguer un monde à la jeunesse."

3) d'André TECHINE : "Soutenu par une musique classique, opposée à la culture populaire de l'époque et pourtant tellement en adéquation, le film possède un air de tragédie mais un tragédie vraie qui repose sur une expérience réelle et mondiale."

4)  de Luc MOULLET : "L’amateurisme semblant d’un film ô combien maîtrisé souffle comme un immense air frais dans les dédales du cinéma français, à tel point que Luc Moullet imagine le cinéma français sous un nouvel angle, délaissé de son sérieux hermétique et pétri d’une ironie vivifiante."

5)  de Gus VAN SANT : "Le Joseph K. de Kafka devient un ange déchu dont la chute prend des allures somptueuses. Les plus belles des images sont celles de la douche où, se rinçant de son péché, Alex sombre dans les ténèbres à mesure que la lumière de Christopher Doyle couvre son corps dans un noir sans issu."

6)  de Clint EASTWOOD : "Là où Flags of our Fathers illustrait la simulation de l'héroïsme et la perte de l'individu dans la masse guerrière, Letters from Iwo Jima vient se placer en contre-exemple. Non pas un contre-exemple idiot, qui suffi à contredire, mais un contre-exemple qui questionne sur Flags... ."

7)  de Quentin TARANTINO : "Un tournant dans le cinéma de Tarantino, l’éphémère jouissance bestiale qui peut assécher à la fin se métamorphose très vite dans l’esprit comme un tour de maître exemplaire."

8)  d'Emmanuelle CUAU : "Le réalisme disséminé en tout lieu et la logique d’harmonie confère à Très bien, merci une puissance de propos qui permet une abréaction efficace et relève l’imperfection assourdie de nos rapports à l’officiel."

9) de Claude CHABROL : "L’ouverture baignée d’un sang rougeoyant et la clôture symboliste éclaire le véritable regard de Chabrol sur cette œuvre : un récit métaphorique où se croisent les symboles de la subdivision de l’être."

10)  de David CRONENBERG : "La clarté toute hollywoodienne de la réalisation permet d'exacerber la crudité de la violence."

En attendant le classement de la rétrospéctive Sacha Guitry qui s'achève, je vous souhaite à tous une excellente année cinématographique 2008 !

 
Conseil des 10 NOVEMBRE 2007

S'est déroulé le week-end Bob Dylan ce week-end à l'Institut auquel je n'ai pas pu assister à mon grand dam. Dylan cinéaste (Renaldo and Clara (USA, 1978)), Dylan acteur (Pat Garrett & Billy the Kid (USA, 1973) de Sam Peckinpah), Dylan sujet (No direction home : Bob Dylan (USA, 2005) de Martin Scorsese), Dylan chanteur (Don't Look Back (Grande-Bretagne, 1967 de D.A.Pennebaker), etc...
En parallèle à la rétrospective sur Sacha Guitry, surnommé l'homme-orchestre, l'Institut a eu l'excellente idée de proposer un week-end à un tout autre homme-orchestre.

A mesure que défilaient les bobines des films, nous passions au mois de décembre, le mois de novembre tapis dans l'ombre jusqu'en 2008. Et comme il est de tradition pour cette deuxième saison à l'Institut, voici mon conseil des 10 meilleurs films que j'ai eu la chance de voir pendant ce mois de Novembre.

Voici le Conseil des 10 films à voir de NOVEMBRE :

1) The Shining / Shining (USA, 1980) de Stanley Kubrick avec Jack Nicholson, Shelley Duvall...: "Œuvre phare, voire essentielle, du cinéma de Kubrick, «The Shining» mérite sa renommée par son embranchement génial entre affect et intellect."

2) Russkiy kovcheg / L'Arche russe (Russie, 2003) d'Aleksandr Sokurov avec Sergey Dreiden...: "Chacun des mouvements anticipés laissent deviner un aspect du temps, un aspect de l'Histoire. La poétique du cinéma comme témoignage du temps est ici à un plein essor."

3) Jules et Jim (France, 1962) de François Truffaut avec Jeanne Moreau, Oskar Werner, Henri Serre...: "La jeunesse dont sue le film se métamorphose en une puissance tourbillonnante qui saura emporté tout spectateur de quelque exigence qu'il soit."

4) Stagecoach / La Chevauchée fantastique (USA, 1939) de John Ford avec John Wayne, Thomas Mitchell... : "Stagecoach (USA, 1939) illustre la renaissance du western par une dynamisation de ses codes."

5) Eastern Promises / Les Promesses de l'ombre (USA, 2007) de David Cronenberg avec Viggo Mortensen, Naomi Watts, Vincent Cassel... : "Ce pourrait être un film sur cette mafia mais il faut davantage y voir un prétexte pour aborder le thème de la violence banale. Le cinéma de Cronenberg se fait porteur de l'exceptionnel ordinaire."

6) Auf der anderen Seite / De l'autre côté (Allemagne-Turquie, 2007) de Fatih Akin avec Hanna Schygulla, Baki Davrak... : "Le destin difficile des protagonistes et l’égard humble que porte le cinéaste à ses personnages fait une œuvre pleine de sentiments, bien heureusement jamais doucereux mais souvent humaniste."

7) Ferien / Les Vacances (Allemagne, 2007) de Thomas Arslan avec Anna Winkler, Karoline Eichhorn... : "Tournés en plans fixes, dont certains se prêtent à la contemplation, le film se déroule sous un rythme apaisé, non pas lent mais comme posé, si bien que le spectateur se sent dès lors en accord avec la famille."

8) Je vais bien, ne t'en fais pas (France, 2005) de Philippe Lioret avec Mélanie Laurent, Kad Merad, Julien Boisselier : "Le mode mineur sur lequel évolue le film, et dont la sobriété musicale et d'interprétation y sont pour beaucoup, ne permet pas à «Je vais bien, ne t'en fais pas» d'être une oeuvre exceptionnelle mais ouvre une voie intéressante dans le bloc morne du cinéma européen moyen."

9) CapeFear / Les nerfs à vif (USA, 1992) de Martin Scorsese avec Robert DeNiro, Nick Nolte, Jessica Lange... : "La confrontation est rude et Scorsese, faisant acte d’une réalisation visuelle tant que sonore ultra-pertinente et construit, crée le remake d’un film déjà renommé pour sa violence."

10) Der Andere Junge / L'autre garçon (Allemagne, 2007) de Volker Einrauch avec Barbara Auer, Christian Berkel... : "Il n'aurait manqué à Der Andere Junge que l'empreinte d'une remarquable réalisation pour en faire le chef d'oeuvre qu'il laisse entrevoir."


Voilà donc pour ce mois de Novembre, à bientôt pour le mois de Décembre...

Je préfère quand le spectateur sort avec des questions plutôt  qu'avec des réponses. -Louis Malle-



Cet article est associé à la bande-annonce "L'Arche russe - VOST"


 
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